A Naomi
Il fait nuit, les balles et les grenades pleuvent à flot.
Je suis de repos pour un moment.
Pendant que les autres se font canarder par l'ennemi.
Dans cette plaine ou ne fleurit maintenant plus que des cadavres et des morts à perte de vu.
Partout aux alentours tout n'est que désolation.
J'en ai marre !
Ce matin je l'ai échappé belle encore.
A l'heure de la charge ces chiens nous ont balancé des grenades.
Qui ont fait beaucoup de dégâts au sain de nos troupes.
Moi si je suis encore là c'est parce que lors de la charge j'ai été au seizième rang et j'ai eu le temps de sauver ma peau.
Par contre Roberto, Jerry et Samson ont été à l'avant des rangs. Et ne sont plus de ce monde. Juan Ernandez lui a été au cinquième rang, il est vivant mais avec un ½il en moins et un bras amputé. Pour lui la guerre c'est finis il est inapte à continuer. Je considère que lui au moins il a de la chance il rentre chez lui ! Et moi !
Tous les jours je pense au moment où je me prendrai une balle en pleine face.
Je ne fais que penser à mort ici.
La je déguste un peu d'eau chaude et un morceau de pain dure comme de la glace.
Je dors dans une cage qui se remplit de boue lorsqu'il pleut.
Des fois j'ai tellement marre, que je prends mon fusil pour en finir avec moi-même.
Mais j'y renonce à chaque fois. Car je me dis que c'est une manière lâche parmi tant d'autres d'en finir. Je n'oublis pas que je suis ici pour empêcher ces salauds de voir un jour ton joli visage. Avant la guerre j'avais toujours peur qu'un jour tu me laisses. Et tu parte et m'abandonne. Maintenant je me dis que c'est moi qui t'ai abandonné et laissé seule pour venir dans ce merdier.
Je t'ai souvent dit que je ne craignais rien. En fait il c'est totalement faux !
Ici j'ai les boules à chaque seconde et je ne suis pas le seul je n'ai qu'a regarder les autres tous ont peur.
Ici j'ai perdu toute humanité. Quand je sors de ma cache c'est pour tuer ou être tué.
On n'a pas le choix. Quand j'extermine un soldat ennemi je me mets à pleurer et commence à avoir des remords. Tu te rends compte Naomi ?
Jamais tu m'as vu pleurer même lorsque tu piques tes crises de nerfs et que tu t'acharnes sur moi ou quand tu me balances des casseroles dans la caboche. Jamais tu ne m'as vu verser une larme sauf au moment ou le médecin finit de me faire la piqûre !
L'odeur de la mort et des corps en décompositions sur le champ est insupportables à coté les poubelles sentent plus bon !
Pourquoi tout cela ? Tout ce gâchis de vies humaines.
J'enrage Naomi.
Jusqu'ici j'ai survécu et résisté mais jusqu'à quand ?
Je te garde en moi, et pardonne moi si je ne te reviens pas en vie à la fin de cette fichue guerre. Je pense fort à toi. Je dois y aller et faire mon devoir de soldat.
Salut père et mère pour moi.
Et prends bien soin de toi, j'espère te revoir à Nouveau Naomi...
Soldat Ilyan Oïshi (33e régiment terrestre)
(A suivre...)
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(suite)
J'ai bien reçu ta lettre Ilyan.
Je ne sais pas quoi écrire.
Depuis que tu es parti, je me sens seule.
Tu sais Ilyan ?
Je ne veux pas que tu penses que tu m'as abandonnée et laissée.
Tu es parti pour me protéger et sauver notre nation.
Père et mère vont bien et ne cessent de penser à toi.
Je n'arrive pas à croire à imaginer les terribles souffrances que tu subis là bas.
La disparition de tes amis de combats et les situations difficiles du champ de bataille.
Tu sais Ilyan ?
J'ai une bonne nouvelle à te dire.
Dans trois mois tu auras ton premier enfant qui naîtra.
J'espère qu tu reviendras en vie pour voir naître ton enfant et le voir grandir de jour en jour.
Ne t'inquiète pas, je te promets que je te balancerai plus de casseroles dans en pleine figure, mais pour cela tu éviteras de m'énerver hein ?
T es parti, pour une bonne cause mais maintenant je dors seule et ta présence prés de moi me manque.
Le matin tu n'es plus là pour me réveiller en soufflant doucement derrière mon cou comme tu le faisais à ton habitude.
Mais je suis patiente.
Je t'attends et t'attendrai le temps qu'il faut Ilyan.
Faut bien attention à toi.
Je crois et penses à chaque instant à toi.
Courage, et reviens moi vivant.
Naomi Oïshi
Trois mois plus tard naît le petit Ilyan Oïshi Junior. La guerre continue toujours au front Naomi Oïshi reçoit une semaine plus tard après la naissance de son fils un coffret contenant une chaîne ayant une plaque marqué : **443.33RG, une médaille et une lettre contenant ceci :
« A l'attention de Madame Naomi Oïshi. Madame, je vous annonce avec mes sincères regrets et condoléances. Que le soldat **443.33RG portant le véritable nom de Oïshi Ilyan. Est décédé en faisant son devoir de soldat.
Il est devenu un héros mort pour nous et notre Nation.
Du fond du c½ur Madame je partage et ressent la tristesse qu'a engendré la perte de cet être cher.
Dans une semaine le corps sera rapatrié au pays pour l'enterrement.
Commandant en chef des régiments terrestres Andrew George.
Quinze ans plus tard, la guerre est loin derrière. Sur une plage un jeune garçon cours portant au coup une plaque numéroté **443.33RG.
Ilyan Oïshi vit toujours en son fils qu'il n'a jamais connu et en sa femme tant aimée.
M'm (sheryu-Onizouka)